Dhaka, 9 octobre, 137’400 pas, 96 Km parcourus

L’équipe de base s’était scindée en deux pour 3 jours, l’une partant pour le Népal, l’autre pour le Bangladesh. Je suis dans l’équipe du Bangladesh avec Rafa, Ruanita, Micky, Gérard et Alvaro. Bref, mes compagnons de voyage préférés! Quel pot…
Notre petit groupe de 6 arrive donc à Dhaka où un mini-bus nous attend avec une délégation d’amis bangladeshis, membres du mouvement humaniste local. L’on nous passe des colliers d’oeillets oranges et séance de photos à 1 heure du matin.
Une demi-heure plus tard, nous arrivons à notre hôtel « Grand Prince », au confort rudimentaire mais très propre. Au matin, petit-déjeuné épicé et frugal et nous partons pour notre conférence de presse. La chaleur est étouffante et nos vêtements nous collent sur la peau. La salle de presse est pleine à craquer. Rafael de la Rubia rappelle le sens de cette marche et invite le peuple à reprendre son pouvoir en faisant pression sur les autorités.
Pour l’instant, dans les 4 pays que nous avons traversés, nous avons été largement couverts par la presse. Raison de plus pour diversifier les têtes sur les photos!

Nous mangeons sur le pouce et nous nous retrouvons sur le lieu de départ de notre marche du jour. Une calèche tirée par deux chevaux famélique (personne n’est gros ici) nous attend. Une centaine de personnes nous rejoignent et la cariole se met en branle. Je suis ravie de m’assoire aux côtés du cocher et de Ruanita de Nouvelle-Zélande, toujours gaie, simple et souriante. Gérard, notre compagnon français est en transe, lui qui est cocher à Honfleur (très jolie ville touristique au nord de la France). Il prend quelques minutes les rennes pour notre plus grand bonheur et le sien. Trompettes stridentes et tambours fatigués arrivent à mener une cadence d’enfer! Sur la route, nous provoquons des bouchons et la foule nous rejoint avec enthousiasme.

Alvaro, notre cameraman préféré, court dans tous les sens avec sa caméra. Il est en nage, comme nous! Puis la foule se hisse sur un promontoire au milieu d’un giratoire et se met spontanément à danser, en plein milieu du traffic! Sous le concert de klaxons et de sonnettes de rikchaws, nous nous joignons à leur joyeuse farandole. Ce n’est pas en Suisse qu’il serait possible de danser au milieu de la route…. Quel bonheur intense de retrouver un peu d’espace pour laisser s’exprimer la spontanéité des coeurs.

Alvaro et moi retournons à l’hôtel où nous travaillons chacun sur nos films respectifs. Nous formons une équipe harmonieuse et complémentaire: il réalise les films formels pour la presse internationale; je m’amuse en éditant de petites vidéos « maison » plus spontanées et personnelles à l’attention de tous nos amis et bénévoles qui suivent la Marche dans le monde et qui ont tant contribué à son succès.

A 21 heures, nous sommes invités à dîner chez l’un des organisateurs, Robi. Nous sommes émus par son hospitalité car, comme tous les Bangladeshis, il vit dans des conditions plus que précaires. Il nous reçoit dans sa chambre à coucher où nous nous casons où nous pouvons…à 18! Nous nous empilons sur son lit où habituellement il dort avec sa femme et ses trois enfants. Nous faisons un bref bilan de cette journée qui nous a enchantés. La complicité et l’émotion sont palpables entre nous. Les frontières et nos différences culturelles s’évanouissent pour laisser battre un coeur humain collectif. Puis nous communions, assis par terre et en cercle autour d’un repas de riz et de viande épicée…

A notre retour à l’hôtel, Micky et moi faisons une expérience étonnante. Alors que nous attendons l’ascenseur, une femme en sari vient à notre rencontre et nous prend dans ses bras, en silence, l’un après l’autre. Elle me sert contre son coeur avec une telle intensité que j’en ressens une forte émotion. Ses yeux sont mouillés de larmes et elle me prend à nouveau dans ses bras, semble me bénir, et s’en va.

C’est une expérience belle et unique que d’être prise dans les bras de quelqu’un que l’on croise quelques secondes dans sa vie. On vous aime, comme ça, pour rien. Je n’oublierai jamais ni l’instant, ni cette femme.

One Response to Dhaka, 9 octobre, 137’400 pas, 96 Km parcourus

  1. SIGEL 13 octobre 2009 at 8 h 26 min #

    Bonjour !

    et merci pour ce merveilleux partage, pour cet espoir immense !

    Bonne journée à tous,

    Ch

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