Petite halte réparatrice dans un cottage finlandais

Isabelle embarque pour la paix!

Isabelle en (em)barque pour la paix!

Nous avons été deux à être choisis au hasard pour couvrir un événement en Finlande, dans un village prêt d’un lac au bord duquel se tient un charmant cottage tout en bois. Micky Hirsch et moi-même avons quitté le reste du groupe vendredi soir à Moscou pour prendre le train de nuit et arriver en Finlande dans la matinée. Douce nuit dans le wagon-couchette et « séquence poétique » avec le contrôleur russe qui s’est accoudé sur le bord de la fenêtre, entre moi et Micky, tous les trois les mains sur les joues, pour regarder ensemble le point de passage de la frontière entre la Russie et la Finlande. J’ai trouvé ce moment très touchant car à cet instant, la frontière entre nous n’était que de l’autre côté de la vitre… Nous étions comme trois gamins, le nez sur la vitre, à regarder la chose la plus extraordinaire au monde !

Le coordinateur de la Marche, Juha Uski, vient nous chercher à la gare et nous partons pour Savonlinna, petit bourg de 20’000 habitants qui a spécialement organisé une activité pour la Marche. L’équipe de base se devait d’y envoyer un détachement de 2 participants au moins !Nous sommes reçus par une jeune couple de fermiers, éleveurs de chevaux. A 22 heures, nous nous rendons à quelques mètres de là, dans un petit cabanon au bord de l’eau où nous allons passer la nuit après avoir eu droit à un bon sauna dans le plus pure style local !  Nous nous éclairons à la lueur des bougies et devons nous habituer à un silence parfait. Pour la première fois depuis 1 mois, nous dormons plus de 6 heures de suite. Bonté divine, nous en avions tant besoin, surtout l’équipe « presse »!

Ce matin, je soigne ma grippe avec un nouveau passage dans le sauna et m’habille chaudement car il neige légèrement. L’aventure de la matinée, c’est rejoindre un îlot minuscule au milieu du lac, 50 par 20 mètres ( !), et d’y déplier notre bannière finlandaise ! Avec Micky et Juha, nous sautons dans une barque et ramons, grelotants mais heureux comme des enfants. Nous posons fièrement notre pied sur l’île de Rapakko que nous déclarons solennellement « mini zone internationale de paix et de non-violence » ! Je bénis la présence de trois champignons, quelques centimètres carrés de mousse, une quarantaine de rochers et 12 arbres.

Sur l'îlot fraîchement déclaré "zone internationale de paix et de nonviolence"

Sur l'îlot fraîchement déclaré "zone internationale de paix et de nonviolence"

Je viens d’appeler une chère amie en France. Elle m’a annoncé que son mari était sorti de dépression et que toute la famille respirait à nouveau.  C’est la plus belle nouvelle qui me soit parvenue depuis mon départ car je les aime tendrement. Mon ami a réussi à faire le choix de célébrer la vie après plusieurs mois de doutes et de remise en question. Depuis mon départ, je me sens entrainée dans un tel bouillon de vie et de joie que j’ai plus que jamais la conviction que le bonheur se loge au coeur du moment présent et non dans le ressassement des nos blessures anciennes. C’est dans une étreinte avec une femme bangladeshi que mon âme se lave de ses scories. C’est en regardant défiler la frontière avec un contrôleur russe malicieux que je me sens m’alléger. C’est en dansant avec des enfants de la rue à Kathmandu que je clarifie mon avenir. Contempler son histoire ancienne est nécessaire à condition de ne pas s’y engluer. La réparation s’opère ici et maintenant, dans la magie d’une rencontre transmutée ou dans un instant de bonheur savouré en conscience. J’en fais tous les jours l’expérience au cours de cette Marche.  Aujourd’hui, je dédie mon bonheur à mes amis français et à leurs enfants. Je suis si fière d’eux. De leur côté et à leur manière, ils marchent aussi pour la paix.

One Response to Petite halte réparatrice dans un cottage finlandais

  1. Colette Hein Vinard 25 octobre 2009 at 23 h 29 min #

    le repos dans le silence, meilleur moyen de repartir du bon pied!
    ( J’espère que je ne me répète pas: j’ai envoyé un commentaire qui n’apparaît pas…) Gros becs pleins de chaleureuse affection!

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