Deuils en chemin

Nous marchons. Nous marchons pour la vie tandis que d’autres s’en vont, ont plié bagages et partent fouler d’autres sols, d’autres terres…

Pelouse alpine entre Les Haudères et Arolla/Alain Perrelet

Pelouse alpine entre Les Haudères et Arolla/Alain Perrelet

Hier, j’ai appris que l’une de mes tantes venait de mourir d’un cancer qu’elle avait choisir de vivre en secret et sans traitement. Chez mes hôtes finlandais, j’ai rempli ma soupe aux légumes de larmes. Même si j’ai la croyance que la vie commence véritablement le jour où notre coeur cesse de battre ici-bas, cette nouvelle me rend triste. J’avais peu de contact avec ma tante mais je l’aimais tendrement. Nous partagions la passion de la montagne, de la randonnée et des vieux chalets brûlés par l’âge et le soleil. Je l’ai aimé dès le jour où, lors d’une chasse aux oeufs de Pâques, j’avais trouvé dans un buisson à Buchillon (Suisse) un petit cadeau pour moi: c’était une bague extraordinaire, qui se montait et se démontait à l’infini, avec une vingtaines d’anneaux argentés. Cette bague a fortement marqué la fillette que j’étais alors et depuis, j’ai associé « bague géniale » avec « tante T. super originale »! Comme quoi, avec un tout petit geste chargé d’amour, on apprivoise un enfant à vie…

Bien-aimée tante des cimes, je te retrouverai au sommet des cols et au bord des rivières de montagnes. Je te donne rendez-vous pour un pique-nique festif dans ce paradis que le Ciel et la Terre se partagent, au milieu d’une pelouse alpine entre Les Haudères et Arolla…

Curieusement, nous avons aussi vécu un petit rituel de deuil hier soir dans notre groupe, à Helsinki. Voilà 13 ans jour pour jour que Monserrat Pontse, mère de 9 enfants, perdait son fils âgé de 35 ans. Nous étions plusieurs à l’entourer et à accueillir son chagrin, à témoigner de nos deuils respectifs. Dans le halo d’une bougie, nous avons confié à la lumière le nom de tous nos proches disparus depuis quelques années. Nous nous sommes tenus la main en silence. J’ai eu une pensée pour ma tante,  d’autres proches ou amis qui se battent aujourd’hui contre la maladie ou la mort.  Plus que jamais, nous avons envie de marcher pour la vie. Pour leur Vie…

4 Responses to Deuils en chemin

  1. marie 27 octobre 2009 at 11 h 33 min #

    de tout coeur avec toi, je t’accompagne par la pensée. tendrement
    marie

  2. Colette Hein Vinard 27 octobre 2009 at 16 h 17 min #

    Tu vois, j’étais hier à l’enterrement de la maman d’une amie… Une belle mort, en douceur, après un étonnant mieux dans sa santé, au point qu’à 84 ans, elle était partie en vacances avec son mari à Ovronnaz, où elle a eu un arrêt cardiaque.
    Belle mort, mort inattendue, ou mort espérée, mort qui délivre… ce n’est pas la mort, le problème, c’est la foudroyante déchirure qu’elle occasionne à ceux qui restent et n’ont pas encore fini leur expérience ici. Je t’embrasse de tout mon coeur,
    Colette

  3. rota 27 octobre 2009 at 23 h 40 min #

    toutes mes condoléances isabelle…

  4. corinne figueroa 28 octobre 2009 at 1 h 17 min #

    Isabelle, je me balade sur les blogs de la MM… et je viens de lire ton mot. je te fais de gros bisous depuis Buenos Aires. Bonne Marche et de gros bisous aux amis qui t’accompagnent.
    à très bientot
    corinne

Laisser un commentaire

*