Mon journal du 3 octobre: Wellington-Sidney, 73’000 pas, 51 Km

Journée très contrastée avec une chute nette de l’énergie de notre groupe.
Je l’explique de plusieurs manières: d’une part plusieurs participants nous ont quittés pour regagner leur pays d’origine, s’étant inscrits pour la première semaine seulement. D’autres viennnent d’arriver et on pris le train en marche (c’est le cas de le dire, nous logeons dans des wagons à l’auberge de jeunesse de Sidney!)
Ensuite, nous avons tous déjà accumulé une immense fatigue physique, nos fonctions étant très prenante et notre programme aussi.
Puis il y a cette pluie diluvienne qui nous a accueillis à notre arrivée à Sidney, qui ne cesse de tomber et qui risque de compromettre fortement le fabuleux signe humain pour la paix que nous avions l’intention de créer sur la plage de Bondi Beach en présence de milliers de participants!

Aussi, les premières frustrations sont apparues, pas tout le monde n’ayant encore trouvé sa place au sein de l’équipe de base, les uns se sentant moins utiles que d’autres. En ce qui me concerne, j’ai la chance infinie de me sentir pleinement au service de  notre mission. A cela s’ajoutent les premières tensions. Sans entrer dans les détails et pour préserver l’intimité de notre groupe, disons que certaines personnes ont du mal à quitter leur confort habituel et à s’ouvrir aux imprévus. L’une a mal vécu que la douane australienne fouille sa valise, l’autre ne supporte pas de devoir sortir à l’extérieur pour prendre sa douche ou de dormir sur un matelas à même le sol. Certaines personnes voient tout d’un oeil critique,communiquent leur négativité au groupe et il m’est difficile, en ce qui me concerne, d’y être indifférente tant je me sens privilégiée de mon côté de vivre cette expérience. Je garde toujours à l’esprit que des centaines de personnes dans le monde ont travaillé depuis 1 an pour nous organiser ce voyage auquel, faute de moyens, ils n’ont pas pu s’inscrire. J’accueille donc avec gratitude tout ce qui nous est proposé.
Cependant, ce sont dans ces instants précisément que la paix se travaillen entre nous et à l’intérieur de nous. Je profite de ces premiers « parasitages » d’énergie pour éveiller mon sens de la tolérance et ouvrir mon coeur le plus largement possible. Ou apprendre simplement à me protéger… Notre groupe est un monde en lui, la société humaine réduite à une communauté de 25 personnes. Et chacun vit son expérience selon le regard qu’il porte sur le monde, ses peurs, ses croyances et les verres de ses lunettes.

Avec sagesse, d’autres compagnons de route se chargent de préserver notre unité et notre harmonie en nous permettant de partager, au cours de nos deux réunions quotidiennes, nos ressentis et nos besoins. Ils nous rappellent régulièrement que la mission priment sur nos exigences personnelles et que si nous n’apprenons pas rapidement à nous ressourcer nous-mêmes, à prendre aussi soin de nous, nous allons nous épuiser.

Autre moment touchant de cette première journée australienne: l’accueil réservé à notre groupe par une famille d’aborigène qui, à trois-quart nus, dans le vent et sous une pluie torrentielle, nous ont présenté leurs danses de bienvenue. Autre moment fort, celui d’un grand reporter de guerre, Jeff McMullen, venu témoigner, avec émotion et authenticité, des horreurs occasionnés par les conflits. Discours disponible sur mon blog.

Après une dernière réunion où tout le monde dormait debout, y compris notre « boss » Rafael de la Rubia, nous nous sommes rangés dans nos chambres à l’Auberge de Jeunesse de Sidney, très joliment aménagées dans des anciens wagons-lits.

One Response to Mon journal du 3 octobre: Wellington-Sidney, 73’000 pas, 51 Km

  1. Christina 4 octobre 2009 at 10 h 38 min #

    Chère Isabelle,

    Je lis ton témoignage et je vois ta première vidéo, c’est avec beaucoup d’energie, d’enthousiasme et d’émotion que tu partages ce voyage.
    Bravo et merci pour cette belle initiative qui nous fait tous grandir.
    Il faut des personnalités comme toi pour donner l’envie de poursuivre un idéal.

    Que cette grande aventure humaine ouvre les horizons et le coeur à une dimension plus spirituelle.

    Christina

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